
VALERIA GIUGA - CHORÉGRAPHIES, ÉCRITURES
LA COMPAGNIE LABKINE
Le projet de la compagnie Labkine trouve sa source dans l’étude et l’utilisation du système d’analyse et d’écriture du mouvement inventé par Rudolf Laban : une écriture non figurative qui permet de transcrire avec précision chaque mouvement du corps humain sur une partition. Son ambition ? Doter la danse d’outils d’analyse et offrir un langage à ce qui, souvent, échappe aux mots. Depuis 1998, la compagnie Labkine, fondée par Noëlle Simonet, porte ce précieux héritage. À travers la reconstitution d’oeuvres, une pédagogie inventive et une recherche universitaire approfondie, Labkine s’est imposée comme une référence, en France et à l’international.
Valeria Giuga rejoint Labkine en 2016 avec un projet innovant, décalé et engagé, en lien avec les partitions écrites en cinétographie Laban.
Elle conçoit désormais le projet artistique et signe les chorégraphies de la compagnie. Son coeur de recherche ? Interroger ce langage du mouvement, le faire dialoguer avec d’autres systèmes d’écriture, d’autres pratiques artistiques, d’autres espaces. À partir de ce système codifié, Valeria Giuga tisse de nouvelles formes d’écriture : elle fait proliférer les langues, les entremêle, écrit et danse avec le poète, le musicien, l’artiste.
Dans tous ses projets, Valeria Giuga puise la matière chorégraphique première dans des sources partitionnelles de chorégraphes célèbres et dans les principes fondamentaux du système d’analyse du mouvement développé par Rudolf Laban.
Valeria Giuga explore la cinétographie Laban en dialogue avec d’autres pratiques artistiques, et invente de nouvelles formes d’écriture chorégraphique. Valeria Giuga traite la danse comme un texte, elle conçoit ses chorégraphies par des systèmes de contraintes, le geste devient tour à tour une lettre, un mot ou encore un abécédaire et propose un geste épuré, incarné, résolument contemporain.
Elle questionne le corps d’hier et les corps d’aujourd’hui et met au centre de ses pièces le concept de mémoire(s) (mémoire du par coeur, mémoire des gestes et du corps, mémoire historique, mémoire collective…).
En 2016 Valeria Giuga crée HAS BEEN, série de performances dansées entre autre à la Fondation Louis Vuitton, Paris, au Mac Val, Vitry-sur-seine, au Musée des Beaux arts, Nantes, au FRAC Franche-Comté, Besançon… puis la pièce SHE WAS DANCING en collaboration avec l’auteur Jean-Michel Espitallier est créée en 2017 (rencontre d’un solo d’Isadora Duncan et d’un portrait de la poétesse Gertrude Stein) dans laquelle son écriture s’appuie sur le principe un mot = un geste.
A partir de ce travail, Valeria Giuga proposera en 2018 une forme de danse chorale adaptée pour un groupe d’amateurs : WE ARE DANCING.
En s’associant avec le poète Anne-James Chaton en 2019 (et en collaboration avec les artistes Alva Noto pour la création sonore et Coco Petitpierre pour la création des costumes), elle crée la pièce ZOO. A la fois fable historique et politique et réflexion sur la langage pour laquelle Valeria Giuga se donne une nouvelle contrainte en créant un alphabet corporel avec un nouveau principe : un geste = une lettre. Les danseurs écrivent en mouvement au plateau pendant qu’Anne-James Chaton propose une réflexion sur le langage et ses dérives.
En même temps que la pièce tout public, Valeria Giuga adapte une version de ZOO destinée aux scolaires (collèges à partir de la 4ème et lycées) pour lesquels le programme en Histoire et Littérature résonne avec le spectacle.
Pour ce projet Labkine reçoit de nombreux soutiens et nouveaux partenariats et Valeria Giuga obtient la bourse d’aide à l’écriture chorégraphique de la fondation Beaumarchais-SACD.
De 2019 à 2022 Valeria Giuga est artiste associée à VIADANSE, Centre chorégraphique national de Franche-Comté à Belfort (direction Héla Fattoumi et Eric Lamoureux).
En 2020 Valeria Giuga collabore à nouveau avec Jean-Michel Espitallier et avec la danseuse Noëlle Simonet pour sa création « ROCKSTAR » créée en janvier 2020 à l’Atelier de Paris CDCN dans le cadre du festival Faits d’hiver de Micadanses. Cette présentation s’inscrit dans le cadre de l’accueil en résidence de Valeria GIUGA à Paris Réseau Danse pour la saison 2019-2020.
Cette fois-ci ce sont deux histoires et deux mémoires que Valeria convoque et confronte. Retrouver une époque par la mémoire (du geste) et à partir d’archives (photos pour la danseuse, albums et souvenirs pour le poète).
Elle créé aussi la même année le nouveau projet : « LA MACHINE » : installation et performance dansée. LA MACHINE est une borne de jeu installée pour convier les publics à venir jouer et apprendre des extraits de danses tirés de partition de plusieurs chorégraphes du XXème et XXIème siècle.
Avec LA MACHINE Valeria Giuga veut rendre hommage à ces oeuvres et à leurs chorégraphes, et propose donc de découvrir une partie de l’immense richesse de la création contemporaine en danse. Comme un pied de nez à l’éphémère de cet art et à l’Histoire qui écrit les œuvres qui restent et celles qui ne restent pas, LA MACHINE, destinée au tout public, éveille la curiosité et réactive ce patrimoine.
Elle poursuit, en 2021, sa série de performances pour les lieux non-dédiés « HAS BEEN » avec le solo « FAUNE FAUNE FAUNE » (création pour le Musée de l’Orangerie/Orsay de Paris), variation autour de trois versions de l’œuvre patrimoniale « L’Après-midi d’un faune ».
En 2022 le quatuor COACHING est créé en collaboration avec Anne-James Chaton, pièce qui dénonce, avec beaucoup d'humour, la fascination des sociétés contemporaines pour les corps gymniques et les manuels de développement personnel.
En 2023 le centre culturel Bellegarde de Toulouse accueille la nouvelle installation de Valeria Giuga : "Sacré Vaslav !" inspirée du "Journal" de Vaslav Nijinski qui est présentée au public au sein de l'exposition "Danser entre les lignes" imaginée par la compagnie Labkine.
En 2024 la compagnie créée sa première pièce destinée au jeune public "BÉABA" et questionne la naissance des langages.
Labkine a aussi pour objectif de mettre en oeuvre des actions pédagogiques et des outils qui permettent de transmettre aux danseurs, aux créateurs, aux élèves et aux amateurs de danse la richesse et la variété du mouvement contenues dans le répertoire. En s’appropriant les oeuvres, l’interprète ou l’élève enrichit ses connaissances sensibles, son vocabulaire corporel et son expérience directe et vivante aux oeuvres pour questionner sa propre démarche.
Labkine éditions a produit trois livres multimédias pédagogiques pour découvrir les fondamentaux du mouvement labaniens dans la collection "La partition chorégraphique, outil de transmission, outil d'exploration" :
#01 Le croquis de parcours en 2013, #02 Transferts et tours en 2015 et #03 Corps-Espace en 2019 (en version française et anglaise).
La création de ces outils a reçu le soutien du Centre national de la Danse (aide à la recherche et au patrimoine) et d’Arcadi (fond de soutien à l’initiative et à la recherche).
Avant sa collaboration avec Valeria Giuga, Labkine a produit plusieurs spectacles dont « Signe de Reprise » programmé à l’Amphithéâtre de l’Opéra Bastille en 2000.
Un travail de recherche sur le glissement entre différentes écritures chorégraphiques donne naissance en 2006 à “Digression” présentée au festival de danse contemporaine d’Arques.
Sur une commande du Centre National de la Danse, elle créé « Dancing Red » en novembre 2007 dans le cadre de la saison culturelle « Danse et résistances ». En septembre 2008, elle approfondie ce premier projet en remontant l’intégralité de la pièce « Rooms » d’Anna Sokolow avec un quintet de musiciens jazz live dirigés par Sylvain Rifflet (saxophone, clarinette) dans le cadre de la résidence dans les studios de Micadanses.
En 2009, Noëlle Simonet décide de contextualiser et de mettre en mots l'enjeu d'un remontage chorégraphique et de la relation à une oeuvre écrite : la conférence dansée "Le Répertoire en mouvement : étude révolutionnaire " est le fruit de ce travail entre transcription, traduction, transmission et interprétation sur l'exemple du solo "Etude révolutionnaire" d'Isadora Duncan. Micadanses et Arcadi co-produisent la création.
Pour la saison 2014-2015, la compagnie Labkine reçoit une aide de la DGCA - Ministère de la Culture pour l'organisation de deux séminaires de pratique et de réflexion autour de la question des ressources en danse et plus particulièrement des outils d'analyse labaniens à Paris (25 novembre 2014) et dans le Tarn (05 février 2015) sur les thèmes: "Notation & création" et "Notation, art et technologie" (qui répond à la collaboration de Noëlle Simonet depuis 2014 avec Jean-Paul Laumond, directeur de l'équipe Gepetto de chercheurs en robotique humanoïde du LAAS-CNRS de Toulouse).
Ces deux séminaires ont fait l'objet de deux films diffusés en ligne sur le site internet de Labkine.